Tombeau pour un centenaire (Mercier, Dominique)

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Sheet Music

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Dominique (2014/2/23)

Publisher. Info. Dominique Mercier
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PMLP511827-Finale 2006c - -Prière pour nous autres charnels.MUS-.pdf
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Work Title Tombeau pour un centenaire
Alternative. Title Prière pour nous autres charnels
Composer Mercier, Dominique
Key F modal
Movements/SectionsMov'ts/Sec's 1
Year/Date of CompositionY/D of Comp. 2013
First Performance. 2013-12-11
Librettist Charles Péguy (1873-1914)
Language French
Dedication à la mémoire de mes grands-pères et père
Average DurationAvg. Duration 2.5 minutes
Composer Time PeriodComp. Period Modern
Piece Style Modern
Instrumentation Mixed chorus (3-voice), organ or harmonium

Misc. Comments

  • Ce poème, tiré de l’œuvre Eve, de Charles Péguy (1873-1914) a connu plusieurs interprétations musicales. La version JA 135, de Jehan Alain (1911-1940) — organiste et compositeur —, patriote et chrétien comme Péguy, reste la plus célèbre. Péguy et Alain sont tous deux morts au champ d'honneur, le premier lors de la bataille de la Marne, le 15 septembre 1914, le second lors des tout derniers combats de la "drôle de guerre", le 20 juin 1940. Elle a été entendue pour la première fois le 11 novembre 1938. Elle a été orchestrée ultérieurement par Henri Dutilleux. Le texte mis en musique par J. Alain reprend les première, deuxième, troisième, pour moitié la quatrième, quatorzième et enfin dix-huitième strophes de la Prière pour nous autres charnels.
  • La présente version utilise les deux premières puis la neuvième strophes. Devant illustrer musicalement la cérémonie commémorative de l’armistice du 11 novembre 1918 au monument aux morts de notre lycée, elle a été élaborée dans un but pédagogique, ce qu’expliquent l’effectif mixte à trois voix, les tessitures moyennes, l’ambitus restreint et l’accompagnement instrumental simple – facilement adaptable à d’autres formations instrumentales – ainsi que la brièveté de l’ensemble.


A la mémoire
  • Du lieutenant Albert Mercier (1872-1956) Lég. d’Hon. A.C. Ie G.Mond.
  • Du maréchal des logis chef Louis Jobard (1891-1980), Méd.Mil. A.C. Ie G.Mond.
mes grands-pères
  • De l’adjudant-chef Alfred Mercier (1920-1999), Méd.Mil. A.C. IIe G.Mond. Indochine
mon père
Quelques clés…
La forme globale emprunte au procédé de la basse obstinée sans s’y confiner entièrement et impérativement, c’est l’expression de la fatalité de la vie humaine et de ses soubresauts.
Le rythme de la basse descendante conjointe prend par moments celui d’une sarabande de façon à souligner le caractère grave du texte. La citation du Dies Irae (mes. 28-33), séparant les deuxième et troisième strophes, relève de la même idée, en rapport avec le texte de la deuxième strophe s’achevant par des grandes funérailles. L’ambiguïté rythmique qui en résulte (Dies Irae perçu à 2/4 et le motif de sarabande obstinée à ¾) rappelle l’incertitude et l’impermanence du monde.
L’intermède instrumental séparant les première et deuxième strophes (mes. 13-16) est bâti sur un chromatisme descendant, modèle de rhétorique baroque (cf. Purcell, Lamento de Didon et Énée ; Bach, crucifixus de la Messe en si), symbolisant la chute à d’une mort solennelle sans que les accords soient strictement parallèles.
La fin de la pièce, par le motif plus mélismatique, en sixtes parallèles, et la Péd. de l’accompagnement, évoque l’idée de la sérénité dans l‘éternité, encore accrue par la répétition de la fin du dernier vers, harmonisée par des accords de neuvième, dans une rythmique plus étirée. La prosodie de la troisième strophe (mes.34-45) alterne en fait une rythmique ambiguë ¾-2/4 qui a été volontairement signifiée par l’absence de changements de mesure. Cette ambiguïté fait pendant également aux fausses relations chromatiques (mes.42-43).
L’ambiance plutôt modale repose sur une formule descendante conjointe en bémols à la basse et au contraire privilégiant un caractère majeur ascendant au-dessus de fa, considéré comme pôle, les deux tétracordes descendant et ascendant étant symétriques par rapport à fa ( ½ton-1 ton-1ton fa1ton-1ton-½ton). La tierce majeure descendante fa-ré b est récurrente sur les paroles Heureux ceux qui sont morts, de façon à symboliser la chute mêlée à l’idée de fatalité librement acceptée. La remontée conjointe sur les paroles à la face de Dieu sur le fa procède de la même idée mais inversée après le figuralisme sur Couchés dessus le sol.
L’interprétation doit privilégier un Tempo souple, favorisant le caractère psalmodique de la mélodie qui doit suivre la prosodie du texte, sans trop marquer les temps forts.